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Guide en mer Souvenirs de navigations, de voiliers et de bateaux

Zones déconseillées aux Caraïbes et Piraterie

Roland Fardeau
Zones déconseillées aux Caraïbes et Piraterie

La mer et les océans sont ouverts à tous et n'appartiennent à personne, à l'exception d'une bande de 3 milles marins (1 mille marin équivaut à 1,852 km) depuis le rivage où l'État côtier exerce une pleine souveraineté, correspondant à la portée du boulet de canon de l'époque. Si nous avons le droit de naviguer partout dans le monde, il faut quand même respecter les règles maritimes : la sécurité, l'environnement, les règles internationales pour prévenir les abordages en mer.

En 2017, la piraterie en général et dans les Caraïbes en particulier existe bel et bien. Regardez la carte ci dessous. De nombreuses attaques en mer ou au port sont enregistrées tous les ans. Pour certains, avoir une arme à bord est une solution afin de faire peur. Mais ce n'est vraiment pas conseillé. Voyons cela en détail. 

Selon France Diplomatie ( texte intégral), la piraterie semble globalement contenue dans l’océan Indien, depuis près de deux ans, des groupes pirates y demeurent actifs et le risque de résurgence de cette menace restera fortement prégnant tant que la situation économique et politique ne sera pas résolue en Somalie. Parallèlement, le risque s’accroît dans le golfe de Guinée, principalement au Nigéria, avec des modes d’actions plus agressifs et une forte extension de leur rayon d’action. Les réseaux de pirates se maintiennent aussi dans le détroit de Malacca, et dans le sud de la mer de Chine méridionale.

NATURE DE LA MENACE :La piraterie maritime moderne prend indifféremment pour cibles des navires de commerce et de pêche ou des bateaux de plaisance, dont des voiliers, particulièrement lents et vulnérables, sans attention particulière pour le pavillon (la nationalité) du navire attaqué. Ces actions sont généralement violentes, les pirates n’hésitant pas à se servir de fusils d’assaut ou de lance-roquettes et à exercer des pressions sur les équipages pour obtenir gain de cause. Elles se produisent d’abord en pleine mer mais également dans les ports, aux points de mouillage et le long des côtes. Le but des pirates est de prendre le contrôle du navire attaqué, pour ensuite s’approprier tout ou partie des cargaisons, et/ou négocier une rançon contre la libération du navire et de son équipage.

Les prises d’otages sont de plus en plus fréquentes dans le golfe de Guinée, et constituent toujours un risque non négligeable pour les navigateurs croisant l’océan Indien. Les périodes de captivité durent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et sont très éprouvantes. Plusieurs cas de décès ont même été recensés, dans les deux principales zones menacées par ce phénomène. S’agissant de la piraterie dans l’Océan Indien, la durée moyenne de détention est supérieure à six mois. Au 1er mars 2015, 26 marins étaient encore otages dans la région. Le dernier incident concernant un concitoyen remonte à septembre 2011 : il a donné lieu à la mort de l’un des plaisanciers et au sauvetage in extremis, par la force européenne « Atalante », de son épouse.

PRINCIPALES ZONES A RISQUE :

o Dans le golfe de Guinée, les zones à très fort risque sont : le fond du golfe de Guinée entre la frontière Libéria-Côte d’Ivoire et la frontière République démocratique du Congo-Angola. Les zones à risques sont : les eaux territoriales et le large (100nq) de la Guinée, de la Sierra Leone, du Libéria et de l’Angola.

o En Océan Indien, les zones à très fort risque sont : = le Golfe d’Aden dans son ensemble (y compris la partie méridionale des eaux territoriales du Yémen et d’Oman), et le bassin somalien, le golfe du Bengale, notamment les côtes méridionales du Bangla Deshet la côte birmane ?? =. Les zone à risque sont : la mer Rouge, le reste de l’Océan Indien jusqu’au canal du Mozambique, et la zone comprise entre les Seychelles, les Maldives et les Laquedives.

o En Asie du Sud-Est, les zones à très fort risque sont : le détroit de Malacca, les eaux situées à l’ouest de la Malaisie péninsulaire et le long des côtes de Bornéo côtes du Sarawak, du Sabah et du Brunei) ainsi que les eaux séparant les Philippines de l’état malaisien du Sabah (mer de Sulu notamment). Les zones à risque sont :, le golfe de Thaïlande, et toutes les eaux séparant le Vietnam, les Philippines et le nord de Bornéo situées au sud de 10 ° de latitude nord, les mers de Java, de Banda et des Celebes.

o En Amérique, les zones à risque sont : les eaux territoriales du Pérou, la mer des Caraïbes, et les côtes bordant les Highlands Brésiliens.

CONSEILS POUR LES PLAISANCIERS

s’assurer que leurs moyens de communications (valises satellites, radio HF…) et que les moyens électroniques du bord (GPS, balise d’alerte, radar…) fonctionnent.

Informer une personne restant à terre de la route qu’ils comptent emprunter, lui laisser un document qui présente le voyage initialement prévu, la composition de l’équipage, les caractéristiques du navire et ses moyens de communication ; tenir régulièrement informée cette personne restée à terre de la position et convenir des jours et heures des contacts téléphoniques ou par courriel ; laisser une consigne claire visant à prévenir la gendarmerie ou la police nationale

Maintenir une veille permanente anti-piraterie 24h sur 24 

Ne pas mouiller trop près des côtes dans les zones sensibles ;

Eviter le cabotage de nuit et la navigation isolée ;

Rester discret lors des escales sur le programme (dates, parcours) ;

Assurer des tours de garde dans les ports les plus sensibles.

(texte officiel de France Diplomatie) 

GEOGRAPHIE DES INCIDENTS ET CONSEILS SPECIFIQUES

- Extrême Orient, Asie du sud-est, sous-continent indien

En 2014, 183 attaques se sont produites dans cette zone. 85% des attaques ont eu lieu de nuit et les principales cibles sont les navires de commerce (pétrolier, vraquier et remorqueurs avec barge) au mouillage ou navigant à faible vitesse. Dans la majorité des cas, les brigands cherchent à voler du matériel facile à revendre : biens de l’équipage, outils et pièces de rechange, pots de peinture,…. (dont 80% se sont produites au mouillage). 
Elles affectent principalement :

  •  Indonésie : Tanjung Priok – Jakarta, Dumai, Belawan, Balikpapan, Taboneo, Muara Jawa, Samarinda, Nipah sont les ports les plus risqués. Les pirates portent en général des couteaux et machettes, occasionnellement des armes à feu ils attaquent essentiellement de nuit. Beaucoup d’attaques dans la zone ne sont pas rapportées.
  •  Détroits de Singapour et Malacca et mer de Chine du Sud : le nombre d’attaques a chuté dans la zone suite à la mise en place depuis 2005 de patrouilles régulières par les Etats bordant le détroit. Néanmoins, les incidents demeurent récurrents dans le détroit de Singapour et plus particulièrement aux ouverte Est et Ouest du détroit. Il est recommandé aux navires de maintenir une vigilance constante lors de leur passage, la détection précoce des brigands et le déclenchement. Les incidents rapportés en mer de Chine du Sud se réduisent en nombre mais sont plus en plus inquiétants.
    Le groupe terroriste Abbu Sayyaf est présent dans les archipels de Sulu, Jolo et Tawi-Tawi, ainsi que dans l’île de Basilan, et est actif en mer de Sulu et en mer de Célèbes, sur les côtes du sud de Palawan et de l’ouest de Mindanao, jusque sur les côtes du Sabah (Malaisie). Les îles de la région ont été le théâtre d’enlèvements de la part de groupes terroristes philippins ou de bandes criminelles malaisiennes pouvant entretenir des liens avec eux.
  •  Bangladesh : La plupart des attaques se concentrent sur les points de mouillage autour de Chittagong. Bien que le nombre des attaques ait chuté récemment, la zone reste à haut risque.

- Afrique et Péninsule arabique

  •  Golfe de Guinée : en 2014, on y a recensé 104 attaques. Les principales zones de danger sont : 
    Les côtes du Nigéria concentrent 60% des attaques mais la menace se disperse actuellement d’est en ouest. Elle s’éloigne également des côtes. Les zones portuaires (Lagos, Port-Harcourt, Calabar et plus récemment Abidjan, Lomé) sont vulnérables. Les attaques peuvent également se produire le long des côtes ou en remontant les fleuves. Toutes les eaux nigérianes sont donc très dangereuses. Les pirates sont le plus souvent bien armés et sont particulièrement violents. Ils détournent les bâtiments et ont pour but de piller les navires ou leur cargaison mais aussi de kidnapper certains membres d’équipage. Les attaques sont de plus en plus sophistiquées. Il est fortement déconseillé de naviguer en particulier dans le Delta du Niger.
  •  Golfe d’Aden - Somalie - Ouest et Nord Seychelles 
    Aucune attaque réussie n’a été recensée depuis mai 2012 par le BMI. Toutefois, si les attaques ont considérablement diminué, les navires doivent continuer d’appliquer toutes les mesures de vigilance.
    • Trafic maritime commercial 
    Les armateurs et commandants de navires doivent s’inscrire au Contrôle Naval Volontaire français en océan Indien, impérativement déclarer leurs mouvements auprès de l’opération de l’Union européenne Atalanta, en s’enregistrant auprès du MSCHoA, et transiter par le corridor internationalement reconnu (IRTC). Dans la perspective d’une traversée dans la zone à risque, ils sont invités à prendre connaissance des bonnes pratiques (appelées BMP 4 http://www.mschoa.org) et à les respecter stricto sensu.
    • Navigation de voiliers : elle reste formellement déconseillée dans la zone. Les navires bas et lents sur l’eau sont les plus vulnérables à des actions d’abordage hostiles.

Tout transit entre le cap Guardafui et Socotra est par ailleurs à proscrire.

  •  • Il est impératif de répondre à toute interrogation sur VHF émanant d’un bâtiment ou d’un aéronef militaire et de suivre les éventuelles consignes de cinématique, celles-ci tiennent compte des dernières attaques recensées ;
  •  • à bord des grands voiliers, les mesures préventives (lance à incendie, dispositif sonore, entraves pour l’accès à bord…) doivent être activées, en veillant à ne pas exposer le personnel à portée de tir des pirates ;
  •  • l’alerte doit être donnée par tous les moyens de transmission disponibles. Outre l’appel sur la VHF 16 ou l’activation d’une balise de détresse, le navigateur doit chercher à contacter ses correspondants par téléphone cellulaire ou satellite ou encore par courriel.

Contacts "urgence" pour la navigation dans le golfe d’Aden et l’est de la Somalie  :

  •  • Etat-major de l’amiral commandant la zone maritime de l’océan Indien (ALINDIEN) Téléphone : 00 971 265 74 102 - responsable du contrôle naval national en océan Indien 
    Courriel : alindien.marsec chez defense.gouv.fr. Facebook : alindien.marsec
    Officier de quart ALINDIEN MARSEC. Tel : 00 971 265 74 265.
    Union européenne : +44 19239 58520 postmaster chez mschoa.org / www.mschoa.org ou www.mschoa.eu
  •  • Golfe persique : Couramment, des signaux et appels sont émis par de petites embarcations. Certains navires ont été poursuivis sur de courtes distances.

Amérique du sud et centrale, mer des Caraïbes
Les 17 attaques répertoriées par le BMI en Amérique du Sud en 2013 affectent ses deux façades océaniques ainsi que les Caraïbes.

  •  Brésil : Le nombre d’attaques a décru dans la région de Santos. La vigilance doit cependant être maintenue. 
    Pérou : Des attaques peuvent avoir lieu, essentiellement contre des navires de fret faisant escale au port de Callao.
  •  Mer des Caraïbes : les bateaux de plaisance sont des cibles privilégiées. Des actes de piraterie, parfois violents, ont été enregistrés ces dernières années. Leur diminution est due à la prise en compte du risque élevé encouru par les navigateurs dans les eaux vénézuéliennes.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les fiches "conseils aux voyageurs" de ce site des pays qui vous intéressent, le site de la Chambre de Commerce Internationale ou le site de l’Organisation Maritime Internationale

 

 

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